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Culte au temple de Cologny,
dimanche 4 janvier 2026
prédication du pasteur Marc Pernot
L’apôtre Paul nous invite à un nouvel élan. Et pour cela, il nous donne en premier lieu ce qui peut nous donner à la fois le moral, l’énergie, la force pour avancer.
C’est le fameux « s’il y a quelque… réconfort, encouragement, communion, tendresse et compassion » : autant de forces extrêmement vivifiantes dans nos vies. Ces « S'il y a quelque… » montrent qu’il suffit d’à peine de chacune de ces réalités pour nous permettre d’avancer. Même si ce n’était que quelques miettes de Christ dans notre vie, à peine un tout petit peu d’amour, de tendresse et de compassion, c’est déjà bien. Quant à l’Esprit de Dieu, il fait partie de notre nature.
Effectivement, nous avons là parmi les plus grandes forces qui nous animent, qui nous rendent plus vivants, qui nous rendent plus forts que les détresses qui auraient pu nous abattre, et il en existe de terribles. Christ comme réconfort, comme soin quand nous sommes blessés, meurtris, découragés, culpabilisés, effrayés. Et puis l’amour bien sûr. Et l’Esprit, c’est-à-dire cette dynamique de Dieu, qui est capable de faire évoluer le chaos brutal vers un corps harmonieux et vivant. Et ces forces incroyables que sont la tendresse et la compassion, celles de Dieu bien sûr, inaliénables, mais aussi celles d’une personne qui a pu avoir un geste de tendresse ou de compassion à notre égard.
Ces cinq grandes forces sont capables de faire des miracles dans notre vie, et pourtant elles sont presque impalpables car ce sont toutes des forces spirituelles. Elles sont l’avenir du monde. Elles sont votre bel avenir à vous. C’est pourquoi pour cette nouvelle année je vous souhaite ces bénédictions : le Christ pour vous réconforter, l’amour qui donne tous les courages d’être, l’Esprit qui harmonise et rassemble, la tendresse et la compassion qui rendent la vie si belle.
Mais ce n’est pas tout, Paul annonce que cette joie peut être encore grandie et même comblée. Ce serait, nous dit-il, que ces cinq forces nous inspirent de sorte que nous soyons nous-mêmes des petites sources de ces forces autour de nous.
Dans la mesure où nous aurons goûté, ne serait-ce qu'un tout petit peu, à ces forces : cela nous inspirera une vocation. C’est tout naturel. Par exemple, quand nous avons entendu une bonne blague, est-ce que cela ne nous donne pas envie de la raconter ? Quand nous avons une joie, ne désirons-nous pas être comblés de cette joie ? Quand nous avons reçu quelque tendresse, est-ce que cela ne nous attendrit pas quelque peu ? Quand nous avons senti de la compassion, est-ce que cela ne nous rend pas un petit peu plus compatissants ? Quant à la foi en Christ, elle se révèle être une puissante force de vie dans l’existence humaine et cela nous donne envie d’en faire profiter d’autres personnes que nous voyons errer et tâtonner dans l’existence à la recherche de ce qu’est la vie. Il est vrai que cette manie qu’ont les chrétiens de témoigner de leur Jésus peut énerver des personnes d’autres religions ou philosophies, cela doit donc être fait avec délicatesse, c’est-à-dire avec amour pour la personne que l’on rencontre, pas comme un donneur de leçons, pas avec supériorité comme si nous détenions la vérité et que la personne en face était débile. Mais comme un partage personnel : le Christ a été pour moi une sorte de source de vie. Ce n’est pas une leçon, c’est un témoignage humble d’une personne qui reconnaît avoir eu besoin d’être aidée et qui a reçu un secours bien réel. L’autre en fera ce qu’il veut.
Paul aurait pu s’arrêter sur cette respiration de l’être : avec cette inspiration par ces cinq forces miraculeuses, comme l’oxygène entre dans nos poumons et donne vie à notre corps tout entier jusqu’au bout de notre petit orteil gauche. Avec cette inspiration, donc, et cette expiration dans notre humble recherche de faire si possible un petit peu de bien autour de nous.
Mais Paul, continue, il nous donne en quelque sorte le mode d’emploi à la fois de cette inspiration et de cette expiration en nous appelant à être frère ou sœur du Christ.
Paul nous conseille : « Ayez en vous la pensée qui était en Christ-Jésus ». Le même état d’esprit (φρονεω, phroneo). Quel mode d’emploi de la vie nous apporte ainsi le Christ ?
Le Christ nous initie à un juste rapport à Dieu : « Lui qui, se trouvant en forme de Dieu, n'a pas considéré comme une proie d'être l'égal de Dieu. » : cela fait référence à la conception de l’humain annoncée dans les trois premiers chapitres de la Bible : l’humain est créé à l’image de Dieu (1:27) et il en profite aussitôt pour essayer d’être l’égal de Dieu (3:5). C’est une tendance très humaine, de toute époque, mais il semble qu’elle soit plus que jamais d’actualité avec l’augmentation exponentielle de la puissance de l’humain.
Que nous soyons faits à l’image de Dieu est extraordinaire : c’est une capacité à avoir un point de vue personnel pertinent, une capacité à aimer, à dialoguer, une capacité à créer du neuf. Notre genèse comme créature à l’image de Dieu est en cours, nous n’en sommes qu’à l’enfance.
Mais, dans la mesure où nous nous prenons un petit peu pour Dieu sur les bords, cela bloque notre capacité à grandir dans l’illusion que nous nous faisons de ne pas avoir à évoluer.
C’est ce dont témoigne saint Augustin. Il était un très fameux professeur de rhétorique, la reine des disciplines à l’époque, digne des conseillers des empereurs. Sa mère Monique essayait de l’intéresser au Christ et à la Bible, mais sans succès. Augustin explique pourquoi : « Je pris la résolution d’appliquer mon esprit à la Bible et de connaître ce qu’elle était. Je le sais aujourd’hui : c’est une chose qui ne se dévoile ni à la pénétration des orgueilleux, ni à la simplicité des enfants : elle a une entrée basse et des voûtes immenses, partout un voile de mystères ! Je n’étais pas capable d’y entrer, ni de courber ma tête pour suivre ses pas. Elle me semblait indigne d’être mise en parallèle avec la majesté des textes de Cicéron. Mon orgueil répudiait sa simplicité et mon regard ne pénétrait pas ses profondeurs. Et c’est pourtant cette Bible qui veut grandir avec les petits : mais moi, je dédaignais d’être petit car, enflé de vaine gloire, je me croyais grand. » (Confessions, livre 3, chapitre 5)
Celui qui pense n’avoir rien à apprendre n’apprendra jamais rien.
Ce à quoi nous sommes appelés en Christ : ce n’est pas l’humilité au sens où nous devrions nous prendre pour un petit ver de terre, au contraire : c’est sentir que nous sommes déjà une personne extraordinaire (à l’image de Dieu, excusez du peu !), et pourtant que nous avons une marge de progression car nous ne sommes pas Dieu, et que c’est lui qui nous élève encore.
C’est le premier point que nous inspire le Christ, c’est en quelque sorte le mode d’emploi des cinq forces de vie fondamentales.
Le second point que nous inspire le Christ, c’est un mode d’être nous permettant d’être un tant soit peu utiles en ce monde : c’est de
« prendre la condition de serviteur » (v.7) et être « à l’écoute » (v.8) de Dieu, des autres, pas seulement de notre petit ego. Cela évite de faire comme Adam et Ève vivant dans une sorte d’illusion, de vérité alternative (c’est à la mode), appelant « mal » le bien et « bien » de mal, à leur guise, hors de sens.
Être serviteur et être à l’écoute, c’est comme cela que l’on aime une autre personne, c’est ce que le Christ a enseigné à de multiples reprises, montrant que c’est ainsi qu’il conçoit un Maître et Seigneur (Jean 13:14-15). Étrangement. C’est ce qu’il a vécu lui-même dans mille petits gestes et jusque sur la croix. C’est ainsi que nous serons à l’image de Dieu car c’est ce dont témoigne le Christ : Dieu est à notre écoute, Dieu se fait notre serviteur pour nous porter, pour nous élever.
C’est pourquoi Dieu a donné à Jésus le nom qui est au-dessus de tout nom. Quel est ce nom ? C’est le nom de « serviteur », à l’image de Dieu. C’est ce que nous dit Jésus : « Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. » (Matthieu 23:11) Or le plus grand des plus grands : c’est Dieu.
« Tu écouteras, tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ton intelligence et de toutes tes forces. » (Marc 13:29-30)
Pour débattre sur cette proposition : c'est sur le blog.
Vous pouvez réagir en envoyant un mail au pasteur Marc Pernot
S'il y a donc :
2alors comblez ma joie
5 Ayez en vous la pensée qui était en Christ-Jésus :
9C'est pourquoi aussi Dieu l'a surélevé et lui a donné par grâce le nom qui est au-dessus de tout nom, 10afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse, dans les cieux, sur la terre et sous la terre, 11et que toute langue confesse le Seigneur Jésus Christ, à la gloire de Dieu le Père.