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Noël selon Marc
Que Jésus se convertisse

(Marc 1:4-13)

(écouter l'enregistrement)  (voir la vidéo ci-dessous)

Culte du jour de Noël 2013
prédication du pasteur Marc Pernot

Nicodème était un chef des Juifs, un pharisien remarquable, qui n’avait probablement plus grand-chose à prouver. Il avait un niveau de connaissance digne des meilleurs théologiens, mais ce savoir restait à la surface de sa vie. Tout ce qu’il pouvait savoir sur Dieu, sur la vie en plénitude, tout cela ne le touchait pas au cœur, cela ne l’avait jamais changé de fond en comble. Il savait, mais il n’y croyait pas. C’est ainsi que j’explique que Nicodème, tout respectable qu’il était aux yeux des hommes, n’eut pas le courage d’aller à la rencontre de Jésus en plein jour. C’est au cœur de sa nuit qu’il vint auprès de Jésus pour s’entretenir des questions qui lui tenaient à cœur. C’est de cet épisode qu’est née l’expression « nicodémite » pour désigner ceux qui n’osent pas vivre leur foi au grand jour.

N’avoir ni peur ni honte de vivre

Jésus l’invite immédiatement à naître de nouveau, à naître d’en haut. Il lui fait comprendre qu’il faut arrêter de vivre seulement en fonction de ses peurs, jamais de ses désirs. Jésus lui explique qu’à vivre à hauteur d’homme on ne s’élève jamais plus haut que ce que nous sommes capables par nos propres moyens.

A quoi bon fêter Noël si, toi, tu ne viens pas au monde, si tu restes enfermé dans ton tourment intérieur ? Car Noël, n’est pas l’histoire d’une naissance qui reste dans l’ombre, cachée au cœur de la nuit. Noël, dès le départ, va connaître ce que nous appellerions aujourd’hui un buzz, un bruit médiatique assez important pour que la nouvelle gagne de proche en proche toute la région et plus tard le monde entier. Fêter Noël, c’est donc fêter la fin de la vie cachée, de la vie avec la peur au ventre, de la vie avec la honte vissée au creux des reins. Fêter Noël, c’est participer à cette publicité de la vie ; c’est mettre en lumière la beauté d’une naissance et la grandeur d’une existence. A quoi bon fêter Noël si c’est pour rester enfermé dans ses craintes, ses obsessions, si c’est pour ne vivre qu’un bout de ce que Dieu nous permet ?

Etre libre

A quoi bon fêter Noël si toi, tu ne viens pas au monde, si tu n’es pas libre de ta parole, de tes choix, de ton éthique ? L’Esprit qui te porte, l’Esprit qui est ton souffle, nul ne peut le maîtriser, nul ne peut le prévoir. Il échappe à nos pronostics, aux prédictions des Mayas, des analystes, au FMI, au gouvernement, aux professeurs ronchons. L’Esprit qui est notre capacité à nous mettre en relation avec autrui et à produire du fruit, ne peut pas être mis en équation, il est indéterminé, libre comme l’air qu’il remue sans cesse.

Naître d’en haut, agir selon l’Esprit, c’est laisser notre créativité donner toute sa démesure. C’est découvrir que nous sommes autorisés à aimer sans limite, sans frein, sans peur et sans honte. Se sentir autorisé, c’est l’œuvre de la foi, de la confiance dans notre capacité à entreprendre de grandes et belles choses. C’est aussi considérer que nous ne sommes pas nés une fois pour toutes. Dans le dialogue entre Nicodème et Jésus, quelque chose de neuf se crée. Nicodème découvre un nouvel aspect de la vie auquel son intelligence, son savoir, ne l’avaient pas rendu sensible jusque là : il n’est pas vrai que nous n’en finissons pas de vieillir ! Il est vrai que nous n’en finissons pas de venir au monde.

C’est dans cette perspective qu’il est juste et bon de fêter Noël : il s’agit de célébrer la vie qui excède tout ce qu’on en a dit jusque là, tout ce que les plus grands cerveaux ont pu concevoir. Par les nouvelles rencontres que nous faisons, par les nouvelles entreprises que nous initions, nous ne nous contentons pas de ce que nous pouvons faire individuellement, mais nous nous ouvrons à ce que nous pouvons accomplir ensemble, sur cette terre où Dieu nous donne d’évoluer.

Le monde, un lieu pour vivre toujours à nouveau

Si nous prenons au sérieux cette déclaration d’amour de Dieu pour le monde, alors notre vie, ici et maintenant, ne peut que s’intensifier, gagner en qualité. Si nous prenons au sérieux la déclaration d’amour de Dieu pour le monde, nous pouvons expérimenter d’ores et déjà cette vie éternelle qui consiste à vivre de manière absolue, sans avoir à regretter ensuite notre trajectoire. Dans notre face à face avec le divin, nous pouvons atteindre des sommets de l’existence qui seront à jamais constitutifs de notre être, que rien, ni personne, ne pourra jamais nous retirer.

A quoi bon fêter Noël si, toi, tu ne viens pas au monde ? Car le miracle par lequel le monde est sauvé, c’est la natalité, écrivait Hannah Arendt. En effet, c’est par la naissance que notre humanité est à même de produire quelque chose de singulièrement neuf, capable de sauver le monde de la reproduction stérile d’un état qui est, pour l’heure, loin d’être satisfaisant. Aimer le monde, à la suite de Dieu, c’est agir pour qu’il soit un peu plus vivable, un peu plus propice à être source de joie pour ceux qui l’habitent. Cela n’est possible qu’à la condition que nous sortions de nos tanières, que nous vivions au grand jour, que nous cessions d’être l’ombre de nous-mêmes.

Fêter Noël, c’est célébrer notre capacité à ajouter de la vie à la vie, la capacité qui nous est donnée par Dieu de renouveler l’élan qui nous attire vers la vie éternelle. 

Amen

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Lecture de la Bible

Marc 1:1-13

Commencement de l’Evangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu.

2 Selon ce qui est écrit dans Esaïe, le prophète: Voici, j’envoie devant toi mon messager, Qui préparera ton chemin; 3 C’est la voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, Aplanissez ses sentiers,

4 Jean parut, baptisant dans le désert, et prêchant le baptême de repentance, pour le pardon des péchés.

5 Tout le pays de Judée et tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui; et, confessant leurs péchés, ils se faisaient baptiser par lui dans les eaux du Jourdain.

6 Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. 7 Il prêchait, disant: Il vient après moi celui qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier, en me baissant, la courroie de ses souliers. 8 Moi, je vous ai baptisés d’eau; lui, il vous baptisera du Saint-Esprit.

9 En ce temps-là, Jésus vint de Nazareth en Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain. 10 Au moment où il sortait de l’eau, il vit les cieux s’ouvrir, et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe. 11 Et une voix fit entendre des cieux ces paroles: Tu es mon Fils bien-aimé, en toi j’ai mis toute mon affection.

12 Aussitôt, l’Esprit poussa Jésus dans le désert, 13 où il passa quarante jours, tenté par Satan. Il était avec les bêtes sauvages, et les anges le servaient.

 

Vidéo de la partie centrale du culte (prédication à 23:00)

(début de la prédication à 23:00)

film réalisé bénévolement par Soo-Hyun Pernot