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Trois cadeaux pour ce Noël 🎄

(Philippiens 1:1-11)

(écouter, écouter le culte, imprimer la feuille, gros caractères)

Culte au temple de Vandœuvres,
pour le soir de Noël 2025
prédication du pasteur Marc Pernot

Dans ces mots de l’apôtre Paul, je note trois excellents cadeaux, fort utiles et fort joyeux à découvrir au pied du sapin. Ils nous ont été préparés avec amour par notre Papa qui est aux cieux, comme Jésus l’appelle (Marc 14:36).

Le 1ᵉʳ cadeau est un moteur puissant.

« Telle est ma conviction, dit Paul : celui qui a commencé en vous une œuvre excellente en poursuivra l'achèvement jusqu'au jour de Jésus-Christ. » (v. 6)

Il existe de la nouveauté en ce monde. C’est ce qu’observent les scientifiques, astrophysiciens, géologues, paléontologues. C’est ce que remarquent aussi les théologiens et les croyants en observant ce don qu’est Jésus-Christ pour l’humanité. L’apôtre Jean met en parallèle ces deux miracles de nouveauté dans les premières lignes de son évangile : la création dans le monde, et la révélation apportée par Jésus-Christ.

Et puis vous, vous-mêmes êtes une nouveauté dans ce monde, une pièce unique, une œuvre d’art.

S’il existe de telles nouveautés radicales dans ce monde, c’est qu’il y a une source de nouveautés, une source de création ou plutôt une source d’évolution. Appelons simplement « Dieu » ce qui fait source de bonnes nouveautés dans notre monde et dans notre vie. Paul nous dit que Dieu n’arrêtera pas son œuvre, qu’il la poursuit avec patience, voire avec opiniâtreté, encore et encore.

Le 1ᵉʳ cadeau, c’est donc qu’il existe un puissant moteur d’évolution bonne et que nous en sommes au bénéfice pour qu’il nous rende meilleur étape par étape. C’est très concret, notre évolution est en cours et elle est très prometteuse, nous dit Paul.

Toute création commence par un début, comme l’enfant de la crèche. La question n’est donc pas le niveau auquel nous sommes arrivés aujourd’hui par rapport à l’idéal qui est pour nous le Christ (idéal de foi, d’espérance et d’amour). Quel que soit notre niveau aujourd’hui : le 1ᵉʳ cadeau, c’est que nous sommes au bénéfice de ce moteur d’évolution.

C’est un cadeau : Paul ne nous dit pas ici de faire un effort pour progresser, il nous dit que Dieu y travaille, comme un service offert pour nous faire grandir, évoluer dans le bon sens.

Dieu y travaillera « jusqu’au jour de Jésus-Christ ». Ce jour ce n’est pas demain ni dans mille ans : le jour du Christ c’est chaque jour. C’est ce que nous fêtons à Noël : le Christ vient chaque jour dans notre monde et en nous (Matt. 28 :20).

Dieu est comme un moteur qui nous fait avancer, et en plus, il nous offre ce moteur pour que nous puissions, à notre niveau, être source de bonnes surprises en ce monde, et ça aussi est un cadeau.

Le 2ᵉ cadeau est une joie partagée.

« Toujours, dit Paul, en chaque prière pour vous tous, c'est avec joie que je prie, à cause de la part que vous prenez avec nous à l'Évangile. » (v. 3-5)

Paul se réjouit, il est pourtant au fond d’une prison romaine en attente d’un jugement fort incertain. La naissance de Jésus est une joie incroyable pour Marie et Joseph, pourtant ils sont dans l’inquiétude : sans logement, en voyage dans un monde bien plus violent que le nôtre aujourd’hui.

Le 2ᵉ cadeau que nous pouvons trouver au pied de notre sapin, c’est que Dieu nous rend visite pour nous apporter ce don qu’est la joie, quelle que soit notre situation. Il vient même précisément quand nous ne trouvons pas d’issue.

Paul ne nous dit pas ici « soyez joyeux », mais il nous dit que Dieu nous donne de la joie comme un cadeau dans la prière. En effet, comme Paul ici : quand nous pensons à telle ou telle personne que nous aimons, nous pouvons ressentir de la gratitude et de la joie : or, nous avons de quoi penser car tant de personnes depuis notre naissance sont venues à notre aide : tel parent, tel ami, tel professeur, tel médecin, tel voisin…

Chaque petit geste de bonté proclame la bonne nouvelle que la bonté existe. Dans notre humanité telle qu’elle est, les petits gestes de bonté sont innombrables, si l’on regarde. À commencer par l’amour de Dieu manifesté en Christ, amour qui inspire tant de personnes depuis des générations. C’est pourquoi, quand nous prions, il nous vient au cœur une louange pour la vie, il nous vient la joie de faire partie de cette vie, de cette humanité et de ce monde.

Le 3ᵉ cadeau est l’intelligence de l’amour.

« Voici ma prière, dit Paul : que votre amour abonde encore, et de plus en plus, en clairvoyance et pleine intelligence pour discerner ce qui surpasse. » (v. 9-10)

Le 3ᵉ cadeau que nous recevons de Christ, nous dit Paul, c’est l’amour. Bien sûr.

Seulement, Paul semble dire que ce n’est pas gagné d’avance. Ce 3ᵉ cadeau aurait-il du retard ? Il est plutôt en cours. Paul prie pour que nous ayons plus d’amour, mais pas seulement : il prie surtout pour que notre amour soit de plus en plus intelligent. Que cet amour devienne pour nous comme un 6ᵉ sens, en plus de la vue, de l’ouïe, de l’odorat, du goût et du toucher : l’amour intelligent est une faculté extralucide et créatrice.

À l’occasion de cette prière de Paul pour que nous ayons plus d’amour et une meilleure qualité d’amour, nous voyons que Paul pense d’une façon très subtile. C’est une qualité essentielle en notre temps où les idées semblent se simplifier et se durcir, mettant parfois une mauvaise ambiance en famille ou dans la société, et encore plus sur les réseaux sociaux, avec des jugements à l’emporte-pièce, des idéologies brutales, des méchancetés invraisemblables. Ce travers nous vient de loin : Aristote (au IVᵉ siècle avant Jésus-Christ) a formulé le « principe du tiers exclu », considérant qu’une porte est soit ouverte soit fermée, sans autres options possibles. C’est très pratique de modéliser ainsi le réel car cela permet des raisonnements simples, mais pour ce qui est de la vie, c’est bien trop grossier, à tel point que cela en devient nocif. Une porte peut, par exemple, être plus ou moins entrouverte, une porte peut être en mouvement, en train de s’ouvrir. Et cela change tout de tenir compte de cela.

C’est le cas en ce qui concerne notre amour. Paul prie pour que nous ayons plus d’amour : c’est donc que nous aimons déjà un peu et que nous pourrions aimer plus. Cela sort de la logique d’Aristote : notre capacité à aimer n’est ni à zéro ni à un, elle est entre les deux, mettons à 0,52 ce qui est déjà très réjouissant. Mais ce n’est pas tout : notre capacité à aimer peut évoluer avec le temps, c’est pourquoi Paul prie pour que nous aimions plus. Et Paul prie pour que nous aimions mieux, plus intelligemment, c’est-à-dire que même à un degré d’amour égal il existe des qualités d’amour différentes. On est très loin du jugement binaire et statique d’Aristote.

Paul prie pour que nous discernions plus seulement les choses de la vie comme figées et en noir et blanc, mais que nous puissions les voir en nuances, en couleurs, en relief et en évolution. Comment faire cela ? La qualité essentielle pour y arriver, nous dit Paul, c’est l’amour, un amour intelligent qui permet de discerner ce qui est bon dans une réalité mitigée et qui permet d’envisager une bonne évolution.

C’est extrêmement précieux et vivifiant.

Paul prie pour que nous nous aimions plus et que nous aimions mieux. Ne nous jugeons pas trop durement, nous sommes déjà très bien, nous dit Paul, car Dieu a déjà commencé en nous son œuvre magnifique, il y a donc à la fois du bien à constater et des progrès à attendre.

L’amour est clairvoyance, nous dit Paul, car l’amour fait la part des choses : il est capable de discerner ne serait-ce que ce minuscule bébé Jésus dans le fond d’une sombre étable au milieu de l’immensité de l’empire romain et autres peuplades en guerres permanentes. L’amour voit et se réjouit de cette infinie qualité d’être. Il s’en réjouit sans naïveté car il importe aussi de voir qu’un méchant roi (Hérode) menace cet enfant.

L’amour est ainsi une capacité de clairvoyance, et c’est une capacité de discernement, ajoute Paul. Littéralement, c’est ici la capacité de trouver ce qui pourrait surpasser l’état présent.

L’amour intelligent est le 3ᵉ et le plus magnifique cadeau qui nous est donné en Christ. Aussi peu que ce soit, il est source de grandes joies.

Prions Dieu :

Dieu notre Père,

Nous te rendons grâce chaque fois que nous nous souvenons de ceux que nous aimons,

Tu as commencé en nous une bonne œuvre, Nous nous confions en toi pour que tu perfectionnes ton œuvre en nous.

Que nous sachions nous porter les uns les autres dans la prière, et nous accueillir mutuellement comme des personnes précieuses qui ont reçu la même grâce.

Par Jésus‑Christ, notre Seigneur.

Amen

pasteur Marc Pernot

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Texte Biblique

Lettre de Paul aux Philippiens 1:1-11

Paul et Timothée, serviteurs de Jésus Christ, à tous les saints en Jésus Christ qui sont à Philippes, avec leurs épiscopes et leurs diacres : 2à vous grâce et paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.

3Je rends grâce à mon Dieu chaque fois que j'évoque votre souvenir : 4toujours, en chaque prière pour vous tous, c'est avec joie que je prie, 5à cause de la part que vous prenez avec nous à l'Évangile depuis le premier jour jusqu'à maintenant. 6Telle est ma conviction : Celui qui a commencé en vous une œuvre excellente en poursuivra l'achèvement jusqu'au jour de Jésus Christ. 7Il est bien juste pour moi d'être ainsi disposé envers vous tous, puisque je vous porte dans mon cœur, vous qui, dans ma captivité comme dans la défense et l'affermissement de l'Évangile, prenez tous part à la grâce qui m'est faite. 8Oui, Dieu m'est témoin que je vous chéris tous dans la tendresse de Jésus Christ.

9Et voici ma prière : que votre amour abonde encore, et de plus en plus, en clairvoyance et pleine intelligence, 10pour discerner ce qui convient le mieux. Ainsi serez-vous purs et irréprochables pour le jour du Christ, 11comblés du fruit de justice qui nous vient par Jésus Christ, à la gloire et à la louange de Dieu.