Chercher sa foi

Garder dans son cœur

(Luc 1:66)

(écouter l'enregistrement - voir la vidéo ci-dessous)

Culte pour le soir de Noël 2013
prédication du pasteur Marc Pernot

Ces nouvelles passaient de parole en parole,
ils se mirent à les écouter dans leur cœur,
en disant : « Que sera donc cet enfant ? »
Et la main du Seigneur était avec lui. (Luc 1:65-66)

Se mettre à écouter avec le cœur

L'Évangile passe de proche en proche, de génération en génération. Nous en avons la connaissance, il est possible de se mettre à l’écouter avec le cœur.

Bien des nouvelles circulent, elles forment une ambiance, une atmosphère, une culture. À certaines époques, l’ambiance est à l’enthousiasme, parfois l’ambiance est sombre et triste, parfois joyeuse et parfois angoissante. Il est possible de se mettre à écouter le monde dans lequel nous visons avec le cœur.

Il est possible d’écouter avec le cœur les personnes qui nous entourent, il est possible d’écouter avec le cœur notre propre existence, et notre avenir. Et la journée qui est devant nous.

Écouter avec le cœur ce n’est pas ici, dans ce texte, du romantisme, car le lieu des sentiments dans la Bible c’est plutôt « les tripes » que le cœur. Écouter avec le cœur, c’est écouter et prendre les choses à cœur, avec attention, avec bienveillance, mais en s’impliquant. De sorte que le fait que nous ayons écouté change quelque chose, alors qu’un simple spectateur ne peut changer le cours du film qu’il regarde.

Mais ce que nous propose ce texte ce n’est pas simplement « écouter avec le cœur », mais « se mettre à écouter avec le cœur », c’est-à-dire gagner du terrain dans ce domaine, avec une qualité nouvelle d’écoute et d’engagement, avec un supplément de bienveillance, d’intelligence et de créativité.

Par exemple, « se mettre à écouter avec le cœur » l’humanité, c’est l’aimer et peut-être commencer à sourire aux clochards qui sont dans la rue, ce n’est qu’un exemple. Ou bien de choisir délibérément de trouver une parole aimable pour les personnes qui nous énervent… que sais-je. Il n’y a pas de recettes en ce domaine, puisque la question c’est de se mettre soi-même à écouter avec le cœur. Personne ne peut écouter avec le cœur à la place d’un autre.

Il y a quand même une chose que nous pouvons faire pour les autres, c’est de participer à ce bouche-à-oreille des bonnes nouvelles. A eux ensuite de se mettre ou non à écouter avec leur cœur. L’Évangile nous est arrivé ainsi avec ces personnes dont parle le texte qui répandent la bonne nouvelle de la naissance de cet enfant, et de ce nom nouveau qui lui a été donné : Jean, « l’Éternel fait grâce », alors qu’il aurait du s’appeler Zacharie, « l’Éternel se souvient ». Ce changement de nom nous dit que c’est comme si Dieu lui-même s’était mis à nous écouter avec le cœur. Il ne se souvient alors pas seulement d’une alliance passée entre lui et l’humanité. Mais Dieu se met à nous écouter, chacun d’entre nous, nous écouter avec un cœur qui tient compte de nos soupirs et qui prépare des gestes qui consolent. Cette grâce de l’Éternel n’est pas simplement une amnistie de nos fautes et de nos insuffisances, c’est bien plus que cela. C’est une grâce qui nous connaît en profondeur et qui nous aime, et qui espère toujours, et qui patiente, et qui nourrit, accompagne, soulage, appelle, enseigne.

Nous pouvons participer à ce bouche-à-oreille de la bonne nouvelle de la grâce de Dieu. À chacun ensuite d’écouter ou non, d’écouter avec les oreilles, d’écouter avec l’intelligence, et d’écouter avec le cœur.

Et puis nous mettre à écouter ensuite directement, toujours et encore plus avec le cœur, ce Dieu qui nous dit des paroles de grâce en Jean-Baptiste, en Christ, de proche en proche, en passant par des témoins comme Saint-Augustin, François d’Assise, sœur Emmanuelle, noter grand-mère et le voisin de pallier… jusqu’à cette nuit de Noël.

Nous sommes venus pour nous mettre à écouter avec le cœur :

Après ce temps d’écoute, notre Évangile nous propose de :

Nous exprimer, mais en s’interrogeant

Ils se mirent à les écouter dans leur cœur,
 en disant : « Que sera donc cet enfant ? »

Regarder le présent en suspendant son jugement, c’est déjà une conséquence de s’être mis, un petit peu, à regarder et à écouter avec le cœur.

Regarder le monde d’aujourd’hui, regarder son prochain, nous regarder nous-mêmes comme un enfant. C’est un bon regard. Une ouverture à des possibles. C’est une bonne écoute de ce dont il a besoin pour que son être s’épanouisse.

S’émerveiller d’une réalité qui n’est pas encore, mais qui pourrait advenir, même s’il fallait pour cela l’aider un peu, même s’il fallait pour ça un miracle, (parfois, ça arrive). S’émerveiller que la main de Dieu, et même la bonne main de Dieu soit avec l’enfant que nous regardons et pour lui.

Que sera donc cet enfant ? En tout cas, ce qu’il sera de bien, il ne le sera pas devenu tout seul, et il ne le sera pas devenu malgré lui. Car si l’on peut faire que des choses arrivent à quelqu’un malgré lui, nul ne peut forcer quelqu’un d’autre à aimer ni à être libre et créatif. Même Dieu ne leu peut pas. Alors il écoute, il appelle, il nourrit, il parle et il aime. En attendant.

Que sera cet enfant, ça dépend quand même aussi de ce qui lui arrivera, de ce qu’il aura, de ce qu’il fera. A cela aussi nous pouvons participer. Mais cette question « Que sera cet enfant ? » garde comme visée ce qu’il sera, vise la qualité d’être.

Cela oriente notre prière.

Cela change notre lecture de notre propre existence, au-delà des aléas ce que qui peut nous arriver, garder le sens de cette visée, celle de l’être en devenir de l’enfant que nous sommes.

Cela change notre façon d’aider notre prochain. Bien sûr qu’il faut l’aider comme nous pouvons s’il meurt de faim ou de froid, mais il y a des façons d’assister qui font de sacrés dégâts parce que cette question « que sera donc cet enfant ? » n’a pas servi de boussole , notre action et même notre jugement (hélas) a trop tenu compte de l’avoir, du corps, de sa situation, et pas assez cde ce qui peut favoriser l’épanouissement de sa personnalité irremplaçable.

Que sera donc cet enfant ? commencer à se poser cette question avec le cœur, c’est se demander :

Que serais-je pour cette personne, pour ce monde ?

Que serais-je pour aider cet enfant qu’est la bonne nouvelle de la grâce de Dieu afin de lui permettre de s’exprimer en ce monde ?

Quel sera mon cœur pour décider de ce que je ferai ? Ou de ce que je ne ferai pas ? Car nous ne sommes pas Dieu pour porter l’ensemble de la préoccupation de l’univers. Nous ne sommes pas même le Christ pour porter le salut de l’humanité entière. Nous pouvons donc affiner notre vocation en se posant cette question avec le cœur, en regardant, en écoutant, en priant Dieu de nous donner son avis, en réfléchissant et en choisissant que faire. En responsabilité.

Quelle sera ma main pour lui ? Sera-t-elle sur lui comme la main d’un juge au tribunal ? Ou comme celle d’un Seigneur avec son vassal ? Sera t-elle une main qui bénit, encourage, console ? Sera t-elle une main qui donne un coup de main ?

Nous ne sommes pas seul, Dieu est là

Mais le texte nous invite pas seulement à écouter avec le cœur et à nous poser cette question « Que sera donc cet enfant ? », le texte nous invite à voir que, vraiment, « la main du Seigneur est avec lui ».

Et c’est ça le plus que seul le croyant peut voir. Bien des athées peuvent regarder avec le cœur et privilégier l’être en devenir.

L’Évangile manifeste que la main de l’Éternel est avec cet enfant que nous sommes. Il nous parle de Dieu sous un jour nouveau : un Dieu qui est, un Dieu qui est avec nous, en non pas sur nous.

La « main du Seigneur » est parfois quelque chose d’effrayant dans la Bible hébraïque, quand il est dit que la « main de l’Éternel fut sur lui », c’est terrible pour le pécheur et c’est une épopée formidable qui commence pour celui que Dieu choisit. Mais ici, l’Évangile consiste à nous dire que la main de l’Éternel n’est pas sur nous mais elle est toujours avec nous. L’Évangile nous dit que la main de l’Éternel est une bonne main pour nous, aussi bien pour le pécheur que nous sommes que pour l’enfant bien aimé que nous sommes aussi.

La main de l’Éternel n’est pas « sur nous », comme si nous étions un pion que Dieu prend de haut avec une main grande comme une pelle mécanique. Sa main n’est pas « sur nous » pour nous écrabouiller si nous sommes trouvé trop inutile ou trop mauvais. La main de l’Éternel est avec nous, c’est une main qui accompagne, qui soutient, qui guide l’enfant, qui soigne ce qui est malade ou blessé, qui ressuscite ce qui est mort. Sa main s’appelle la grâce, la grâce de l’Éternel.

Les peines qui nous arrivent ne viennent pas de Dieu, Dieu est avec nous, il nous garde dans sa bonne main.

Et à nous aussi, l’Éternel donne son Esprit pour que nous prophétisions comme des grands, et que nous chantions ses louanges pour ses actes passés et sur ceux qui sont à venir. Et avec Zacharie, nous chantons ses louanges :

Béni soit le Seigneur, le Dieu de chacun,
De ce qu’il a visité et sauvé ses enfants,
Et nous a suscité un puissant Sauveur
Dans la maison de son bien-aimé, de son enfant,
Comme il l’avait annoncé
par la bouche de ses prophètes des temps anciens.
Un Sauveur qui nous délivre du mal et de
tout ce qui met en danger le meilleur de nous-mêmes.

C’est ainsi que Dieu manifeste sa miséricorde envers nos pères, et se souvient de sa sainte alliance,
Selon la promesse qu’il avait faite à Abraham,
notre père dans la foi,
De nous permettre de ne plus avoir aucune crainte de lui mais de nous sentir appelé à servir à ses côtés,
marchant avec lui dans la sainteté et dans la justice tous les jours de notre vie.

Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut. Car tu marches devant la face du Seigneur,
pour préparer ses chemins dans ce monde,
Afin de donner à l’humanité la connaissance du salut Par le pardon de ses péchés,
Grâce à l’amour profond et à la miséricorde de notre Dieu, le soleil levant nous a visités d’en haut,
Pour éclairer ceux qui sont assis
dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort,
Pour diriger nos pas dans le chemin de la paix.
(Luc 1:67-79)

Amen.

Vous pouvez réagir en envoyant un mail au pasteur Marc Pernot.

Lecture de la Bible

Luc 1:57-80

Le temps où Elisabeth devait accoucher arriva, et elle enfanta un fils. 58 Ses voisins et ses parents apprirent que le Seigneur avait fait éclater envers elle sa miséricorde, et ils se réjouirent avec elle.

59 Le huitième jour, ils vinrent pour circoncire l’enfant, et ils l’appelaient Zacharie, du nom de son père. 60 Mais sa mère prit la parole, et dit: Non, il sera appelé Jean. 61 Ils lui dirent: Il n’y a dans ta parenté personne qui soit appelé de ce nom. 62 Et ils firent des signes à son père pour savoir comment il voulait qu’on l’appelle. 63 Zacharie demanda des tablettes, et il écrivit: Jean est son nom. Et tous furent dans l’étonnement. 64 Au même instant, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia, et il parlait, bénissant Dieu.

65 La crainte s’empara de tous les habitants d’alentour, et, dans toutes les montagnes de la Judée, on s’entretenait de toutes ces choses.

66 Tous ceux qui les apprirent les gardèrent dans leur coeur, en disant: Que sera donc cet enfant? Et la main du Seigneur était avec lui.

67 Zacharie, son père, fut rempli du Saint-Esprit, et il prophétisa, en ces mots:

68 Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, De ce qu’il a visité et racheté son peuple, 69 Et nous a suscité un puissant Sauveur Dans la maison de David, son serviteur, 70 Comme il l’avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens, - 71 Un Sauveur qui nous délivre de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent! 72 C’est ainsi qu’il manifeste sa miséricorde envers nos pères, Et se souvient de sa sainte alliance, 73 Selon le serment par lequel il avait juré à Abraham, notre père, 74 De nous permettre, après que nous serions délivrés de la main de nos ennemis, De le servir sans crainte, 75 En marchant devant lui dans la sainteté et dans la justice tous les jours de notre vie. 76 Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut. Car tu marcheras devant la face du Seigneur, pour préparer ses voies, 77 Afin de donner à son peuple la connaissance du salut Par le pardon de ses péchés, 78 Grâce aux entrailles de la miséricorde de notre Dieu, En vertu de laquelle le soleil levant nous a visités d’en haut, 79 Pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort, Pour diriger nos pas dans le chemin de la paix.

80 Or, l’enfant croissait, et se fortifiait en esprit. Et il demeura dans les déserts, jusqu’au jour où il se présenta devant Israël.

 

Vidéo de la partie centrale du culte (prédication à 00:00)

(début de la prédication à 00:00)

film réalisé bénévolement par Soo-Hyun Pernot