Chercher sa foi

Des profondeurs et de l’abîme je t’appelle

( Psaume 130 )

(écouter l'enregistrement)  (voir la vidéo ci-dessous)

Culte du dimanche 13 décembre 2009
prédication du pasteur Marc Pernot

Il y a mille raisons de nous désespérer, mais il y en a encore plus d’espérer, d’aimer la vie, de choisir la vie.

C’est ce que nous dit la vie du Christ. C’est un des plus grands dons que la Bible, et particulièrement le Christ a offert à l’humanité, a offert à chacun de nous. Même au plus profond des trous profonds, il y a une espérance et cette espérance est plus forte que tout. Cette espérance c’est Dieu, le créateur de la vie. Personnellement, je trouve que toutes les fêtes chrétiennes ont ce seul message : Noël, au plus sombre de l’année, annonce qu’en Christ nous avons une véritable espérance, même pour les plus désespérés. Et Pâques nous dit la même chose, finalement : en Christ, il y a une puissance de résurrection, une force pour que la vie l’emporte sur la mort, dans ce monde et dans notre propre existence.

« Du fond de la détresse, je t’appelle, ô Éternel, mon Dieu »

Vous ne vous imaginez pas combien ce psaume a aidé de personnes à sortir du trou, à retrouver une espérance, à retrouver la foi, à retrouver un peu de force quand elles n’avaient plus rien… Ce Psaume nous aide à naître et à ressusciter, car il nous aide en toute situation à nous ouvrir à cette source de vie qu’est Dieu.

1) Ce psaume nous aide quand nous sommes dans la détresse

Quand nous sommes dans un moment difficile de notre vie, nous pouvons souvent rassembler nos forces et passer l’obstacle. En général, nous pouvons aussi compter sur quelques personnes, soit de notre famille proche, un cousin lointain, un ami, ou un passant… Mais ce n’est malheureusement pas toujours le cas, et ça ne suffit pas toujours. On est alors, comme le dit ce psaume, « dans les profondeurs de l’abîme », on est parfois si au fond du trou qu’on a le souffle coupé, qu’on n’ose plus, qu’on ne trouve plus les mots pour dire sa peine, qu’on ne trouve pas d’oreille qui puisse comprendre ce qui nous arrive. Le fond de la détresse, c’est justement quand on n’a plus personne, plus de mots pour appeler à l’aide.

Ce Psaume 130 est alors d’une aide extraordinaire. Il nous dit que nous ne sommes pas seul, et il nous aide à dire notre détresse. Ce Psaume est comme le coup de pied que l’on donne dans le fond de la piscine pour remonter vers la surface de l’eau, vers la lumière, vers l’air donc nous avons besoin pour reprendre souffle.

Ce Psaume a aidé tant et tant de personnes qui étaient « au fond de la détresse » qu’on devrait donner à l’auteur de cette prière le prix Nobel de la paix, celui de la paix intérieure, celui de la paix avec les autres, et celui de la paix avec Dieu.

« Du fond de la détresse,
 je t’appelle,  ô Éternel, mon Dieu 
»

Arriver à dire dans son cœur que ça ne va pas, le dire comme un cri vers Dieu, c’est déjà une petite lumière d’espérance. C’est déjà l’attente d’un salut, c’est déjà se préparer pour la venue du Christ, du sauveur dans notre vie, même si elle est blessée, assombrie, douloureuse.

Alors, si ça ne va pas, vous pouvez commencer à dire dans l’obscurité : « Du fond de la détresse, je t’appelle ».

Peut-être que Dieu, justement, nous aidera à voir les choses un peu moins en noir, et dans un coin de notre tête quelque chose, alors, nous dit : eh, tu appelles ça le fond de la détresse, tu n’exagères pas un peu ? Il y a quand même telle chose qui ne va pas trop trop mal. Par exemple : ta tête tourne encore un peu, tu respires encore, tu salives encore rien qu’en pensant à une tarte aux framboises, tu as telle personne qui t’aimes un peu quand même, telle personne que tu pourrais aider un peu… Et puis, il y a Dieu, ton Dieu, qui t’adore, qui te trouve assez génial, et qui espère en toi.

Mais bon, c’est vrai parfois, il peut malheureusement arriver que l’on soit vraiment au plus profond de la détresse, dans un jour intenable. Celui qui a entendu parler de Dieu peut alors chercher du secours vers lui, même au plus profond de la détresse et dire à Dieu : je ne te connais pas, mais « du fond de la détresse, je t’appelle, ô Éternel ». Et c’est déjà une espérance qui s’ouvre alors qu’il n’y en avait plus du tout.

C’est pourquoi, s’il y a une chose à retenir de notre catéchisme, s’il y a une seule chose à retenir de Noël, une chose de la théologie chrétienne, c’est ça : Nous pouvons compter sur Dieu même dans les situations les plus désespérées.

Tu peux compter sur Dieu, nous dit ce Psaume : espère son aide, attend sa présence, il est notre sauveur au sein de la détresse. Ce sauveur, Annie Vallotton souvent, en parle en disant seulement « lui, là haut » en pointant le doigt vers le ciel. C’est une expérience, une expérience de Dieu et un respect pour Lui et pour nous, comme une invitation qui nous dit : vas-y voir toi-même, appelle-le, espère-le, attends-le, et tu verras. C’est plus grand que tout, c’est plus haut que tout.

C’est donc bien de savoir que lui, là-haut, est fidèle et que nous pouvons compter sur lui. C’est bon de le noter dans un coin de notre tête pour plus tard, si un jour, malheureusement, nous sommes dans le fond de l’abîme, ce que Dieu ne veut évidemment pas, mais il se tient prêt pour nous.

2) Ce psaume nous aide quand tout va assez bien

Oui, on peut chercher Dieu quand on est dans la détresse, nous dit ce Psaume. Mais ce Psaume ne parle pas seulement des situations de détresse. Ce Psaume nous aide aussi quand tout va assez bien. Car il y a une astuce dans l’écriture de ce Psaume, la première phrase a deux sens possibles, très différents : elle peut être traduite soit par « Du fond de la détresse, je t’appelle » soit par « Des profondeurs, je t’appelle ».

Quand tout va bien, nous avons tous un peu tendance à nous laisser vivre, et à rester ainsi à la surface des choses. C’est insuffisant, car nous sommes alors, sans le savoir vraiment, manipulés par les hasards innombrables, bons et mauvais, de la vie quotidienne. C’est ce qui arrive quand nous ne nous posons pas assez de questions, quand nous ne voyons la réalité qu’en surface, avec une fausse connaissance des choses, de la vie, des personnes qui nous entourent, et de nous-mêmes. Nous sommes alors menés par les choses de la vie plus que nous ne menons notre vie.

Ce Psaume nous invite à entrer dans les profondeurs, à nous poser cette question : qu’est-ce qui est profond dans mon existence ? Qu’est-ce qui est profond dans nos activités, dans nos projets, dans notre façon de voir la vie ?

Ce Psaume nous invite à enraciner notre vie en profondeur. D’être comme un arbre vigoureux avec des racines qui s’enfoncent profondément en terre jusque dans les fentes du rocher. Cela donne une très grande force, on est alors capable de résister à des vents terribles, qui ne pourront au pire que casser quelques unes de nos branches, mais ne nous jetteront pas à terre.

Creuser un peu en profondeur, et alors de prier Dieu.

Ou bien prier Dieu pour qu’il nous aide à entrer dans la profondeur de l’existence.

« Des profondeurs, je t’appelle Éternel, mon Dieu » Il y a une très grande force dans cette prière. Il y a des découvertes étonnantes, tout un monde, un univers, une liberté que nous ne soupçonnions pas quand nous ne vivions qu’en surface.

Certaines personnes découvrent la profondeur de la vie après avoir frôlé la mort dans un accident ou dans une maladie grave, et ont alors un tout autre regard sur ce qui est important, découvrant l’extraordinaire beauté de la vie, devenant bien plus tolérant, plus bienveillant, plus aimant, plus compréhensif.

Rien ne nous oblige à attendre d’avoir eu un problème pour découvrir la profondeur de l’existence. Aujourd’hui, Dieu est à la porte de cette profondeur. Dieu est la porte de cette profondeur, il est ce qui reste si tout nous était enlevé, il est la profondeur de notre être, l’éternité de notre être.

Amen.

 

Vous pouvez réagir en envoyant un mail au pasteur Marc Pernot.

Lecture de la Bible

Psaume 130

Psaume des montées.

Du fond de l’abîme je t’invoque,
ô Eternel!
2 Seigneur, écoute ma voix!
Que tes oreilles soient attentives
A la voix de mes supplications!
3 Si tu gardais le souvenir des fautes,
Eternel,
Seigneur, qui pourrait subsister?
4 Mais le pardon se trouve auprès de toi,
Afin qu’on te craigne.
5 J’espère en l’Eternel,
mon âme espère,
Et j’attends sa promesse.
6 Mon âme compte sur le Seigneur,
Plus que les gardes
ne comptent sur le matin,
Que les gardes ne comptent sur le matin.
7 Israël, mets ton espoir en l’Eternel!
Car la miséricorde
est auprès de l’Eternel,
Et la rédemption
est auprès de lui en abondance.
8 C’est lui qui rachètera Israël
De toutes ses fautes.

 

Vidéo de la partie centrale du culte

 

film réalisé bénévolement par Soo-Hyun Pernot