Chercher sa foi

Apprendre de Dieu une langue nouvelle, 

en commençant par 6 mots

( 2 Corinthiens 1:18-22 ; Colossiens 3:13-17 ; Jean 10:7-9 )

(écouter l'enregistrement - voir la vidéo ci-dessous)

Culte du dimanche 8 septembre 2013
(rentrée de l'éducation biblique), prédication du pasteur Marc Pernot

Quand on va dans un pays étranger, je pense que les mots de base pour exprimer l’essentiel sont 6 mots, en fait trois fois deux mots :

Eh bien, ces 6 mots sont la base de la théologie chrétienne, ces 6 mots sont également ceux de notre prière, comme un plan tout simple, essentiel, pour prier Dieu. Ces 6 mots forment une bonne base pour l’éthique chrétienne.

D’abord le grand « oui » de Dieu

Dans le passage que nous avons entendu, Paul nous dit que toutes les promesses de Dieu pour nous sont résumées dans un grand « oui » envers notre personne, notre être.

Pourtant, nous sommes imparfaits et nos actes s’en ressentent. Dans un sens, même à 100 ans nous ne sommes que des enfants qui ont tant à apprendre devant Dieu, tant à grandir encore pour être au sommet de notre forme. C’est vrai qu’il y a du bien et du moins bien en chacun de nous. Dieu le sait, il nous connaît mieux que nous-mêmes, jusqu’au moindre de nos cheveux dit Jésus (Mt 10:30) et il nous dit pourtant un « oui » sans réserve, nous dit Paul, un « oui » d’amour pur, et il y voit l’accomplissement de toutes les promesses.

Et donc, la première notion de théologie à apprendre au cours du catéchisme, c’est d’apprendre ce « oui » de Dieu. Jésus est le « oui » de Dieu inscrit dans l’histoire humaine, offert à tous & à toutes. Ce « oui » de Dieu, bien des personnes en ont fait l’expérience par la foi, sentant qu’il y a « quelque chose » d’immense qui les connaît et qui les aime, les garde. Dieu parle alors le langage de notre cœur, de nos tripes.

Il y a quand même des « non » qui viennent de Dieu, mais pas contre notre personne, mais contre des choses, des actes. Il dit « non » à la maladie, au meurtre, à la haine, à l’angoisse, à la méchanceté, à l’inaction, « non, pas ça » quand nous nous apprêtons à trahir ceux qui nous font confiance, « non » au désespoir et à l’abandon… Mais toujours Dieu dit « oui » à la personne et ce « oui » rend libre.

Ce « oui » de Dieu nous aide à nous dire « oui » à nous-mêmes, à notre existence. Puisque nous sommes ainsi aimés, nous devrions bien être dans un certain sens un peu aimable, même si je ne vois pas bien comment.

Nous avons souvent un mal immense à nous dire ce « oui », et encore plus de mal à dire « oui » à l’existence de notre prochain. Nous avons tant de mal à faire la part entre les qualités et les défauts, entre les actes et l’être même de la personne humaine. C’est pourquoi il est si essentiel de s’ouvrir à ce « oui » de Dieu, parce que c’est là que s’enracine notre existence…

Il y a ensuite le « oui » de notre prière

Car la prière, fondamentalement, c’est un « oui » à Dieu, même si ce « oui » est un peu hésitant, encore maladroit. Mais c’est un peu plus compliqué pour nous que pour Dieu de dire vraiment « oui » à l’autre. Car Dieu nous connaît par cœur et donc quand il nous dit « oui » c’est franchement « oui » à notre personne réelle. Mais Dieu dépasse infiniment ce que nous pouvons en connaître et en dire. Nous ne pouvons même pas imaginer ce qu’il va inventer de neuf. C’est pourquoi l’apôtre Paul nous dit que notre « oui » à Dieu est un « amen ». Ce petit mot hébreu pourrait se traduire par « j’y tiens». Et notre « oui » à Dieu est ainsi un « oui »de confiance en Dieu plus que de connaissance de Dieu. C’est une ouverture vers lui, une bonne volonté, une recherche, une espérance même si nous ne le connaissons pas, même s’il nous dépasse, même s’il nous étonne…

Mais en fait, notre « oui », notre « Amen » à Dieu peut se développer selon les 6 mots de notre langue de base :

Le « bonjour » et l’« au revoir » de la prière

Le « bonjour » est une contemplation de Dieu, comme dans le début de la prière de Jésus (le « Notre Père »). Il me semble bon d’entrer dans la prière en pensant déjà à l’« au revoir », car la prière sera alors comme un temps de ressourcement qui n’est pas coupé des autres dimensions de notre vie. Une prière qui envisage déjà l’heure qui vient où nous serons de retour dans le monde pour être nous-mêmes un sujet et pas seulement un petit enfant dans les bras de Dieu. La prière est alors comme une respiration, on inspire avec le « bonjour », le « bonsoir » est l’expiration de ce temps de prière qui nous a donné d’agir.

Dans l’entre deux, peuvent alors venir le « merci » et le « pardon ». Notre « merci » pour tout ce que nous avons croisé de beau, et notre demande de pardon pour ce qui l’était moins. Mais en même temps, dans notre prière, nous pouvons alors recevoir les « merci » et le « pardon » que Dieu prononce sur nous.

En effet, devant ce Dieu qui n’est que « oui » pour notre être, il est vraiment possible de faire le point sur ce que nous avons vécu. De se sentir digne et heureux de ce que l’on a pu faire de bon dans notre journée, dans notre vie, en ressentant au plus profond de nous mêmes ce « oui » de Dieu qui devient alors un « merci ». Un « merci » car nous ne devons jamais rien à Dieu, il donne sans nous mettre des dettes de gratitude obligatoire sur le dos ! Le bien que nous faisons, si nous le faisons, est donc un acte de bonne volonté, un acte venant de notre capacité à aimer.

Mais Dieu met également le doigt sur là où nous avons manqué, non pour nous accabler mais pour nous aider et nous guérir. Dieu nous dit « ta faute, ton péché est pardonné », comme Christ le fait si souvent, ce mot de « pardon » dit à la fois le « oui » de Dieu sur notre être et le « non » sur ce que nous avons fait, parfois un énorme « non », parfois un petit « non » qui tique sur un point. Cela nous permet de reconnaître un peu mieux quelles sont nos faiblesses et nos erreurs pour progresser et réparer nos dégâts, si possible.

Enfin, nous pouvons présenter à Dieu nos projets, nos idées, lui dire ce que nous espérons, ce que nous pensons être. Quand nous nous présentons ainsi devant lui c’est encore une façon de lui dire « oui » et de lui dire « amen », c’est une façon de lui dire « je ne le suivrai peut-être pas tout à fait, puisque tu nous laisse libre, mais j’ai envie de connaître ton avis ». Nous pouvons alors nous mettre à l’écoute des « oui » et des « non » de Dieu sur nos options, sentir les grands « oui » pour certaines choses et les tout petits « oui » pour d’autres, des « plutôt pas ça » et les « ah ! non ! » indignés de Dieu, mais toujours avec cet amour calme et tranquille de Dieu pour nous.

Dans l’intervalle entre ces « oui » et ces « non » de Dieu pour nos intuitions, il y a de nouvelles possibilités qui naissent à notre conscience, comme soufflées par Dieu. Nous pouvons avoir le courage de poser alors nos propres « oui » et nos propres « non ».

Et dire au revoir, Amen à Dieu dans la confiance qu’il fera ce qu’il pourra et dans notre volonté de faire un peu quelque chose de bien.

L’« au revoir » de Dieu

Il nous laisse libre.

Comme le dit Jésus, il est normal et bon que nous allions et venions, de temps en temps auprès de Dieu pour bavarder, pour recevoir de sa force, son aide. Il nous dit alors « bonjour », avec joie, il nous dit « merci » de venir car ce n’était pas obligé et qu’il trouve cela essentiel pour lui, pour le monde et pour nous.

Il y a aussi des temps de vie en ce monde où il nous laisse libre, sans indications précises autre que ce « oui » qui nous dit que nous sommes dignes et capables de créer une route nouvelle devant nos pas et que cette route soit belle.

Notre libre chemin se sculpte avec des « non » et des « oui »

Savoir dire « non », c'est important. En apprenant à dire « non », on devient un être responsable qui ne subit pas seulement son environnement, mais qui choisit sa propre voie. Un caillou ne dit jamais « non », il part avec la main qui le soulève, sans discuter il se laisse emporter et jeter quelque part. Dieu n’est pas comme ça avec nous.

Tout est permis nous dit l'apôtre Paul,
 tout est permis, mais tout ne construit pas…
 et je ne me laisserai pas devenir l'esclave
 de quoi que ce soit (1 Cor. 6:12, 10:23).

Avant de savoir ce que nous choisissons, puisque nous sommes autorisés à le faire, Paul nous conseille déjà de savoir entre quoi nous pouvons choisir, et donc d’éliminer déjà ce qui n’est pas bon, ce qui ne construit pas et ce qui nous rend esclave. De dire ainsi « non » à l’illusion et au néant, « non » à ce qui nie la vie, la mienne comme celle de la personne qui est à côté de moi, quelle qu’elle soit.

Ensuite vient le temps de faire quelque chose de cette liberté que nous avons en choisissant nos « oui ». C’est là que notre cheminement devient particulièrement créatif, car parmi tous les possibles, parmi tout ce qui est raisonnablement bon, il reste encore une infinité de petits et de grands choix. Dieu veut pour nous cette liberté, nous ne sommes pas ses pions, mais ses fils et ses filles héritiers.

Le « oui » d’Abraham qui se met en route, le « oui » de Marie qui reçoit la Parole, le « me voici » d’Ésaïe qui devient prophète… ne sont absolument pas des « oui j’accepte de perdre toute créativité, toute liberté, toute opinion personnelle » ! Heureusement. Leurs « oui » et le nôtre sont des « oui » à une façon d’être où l’on marche avec Dieu en nous laissant créer par son « oui » à lui, par son pardon et ses « mercis », faisant confiance à ses « non pas ça », et ayant le courage de choisir nos propres « oui ».

C’est comme quand on dit « oui » à la femme ou à l’homme de sa vie, dans un sens par ce « oui » on dit « non » à tous les autres, on dit « non » à l’illusion qu’il existe un vrai prince charmant ou une charmante princesse dans la vie réelle…. Vivre c’est cela, c’est choisir ses attachements, les choisir vraiment. Et les vivre en responsabilité. Peut-être en rompant certains attachements, cela arrive. La vie est si complexe. Mais en connaissance de cause, pas comme on zappe sur la télévision.

Et dans ce chemin, avec les autres, nous vivons de ces oui, des « bonjours » des rencontres, des « au revoir » quand il faut  nous arracher à l’étreinte.

Sur ce chemin, les « mercis » et les « pardons » sont le service d’entretien

Apprendre, donc, de Dieu à dire « merci » à ceux que l’on aime, « merci » à ceux qui nous ont fait du bien. Les « mercis » rendent la vie belle, ils construisent une qualité d’être à partir de gestes minuscules.

Recevoir de Dieu le courage de demander pardon à qui nous avons blessé, cela aussi rend la vie plus belle. Nous avons tous besoin de pardonner de temps en temps, et aussi de demander pardon. C'est comme de vider la poubelle, c'est bien de le faire avant que ça sente trop mauvais, sinon la vie devient pénible pour tout le monde !

Amen.

Vous pouvez réagir en envoyant un mail au pasteur Marc Pernot.

 

Lecture de la Bible

2 Corinthiens 1:18-22
(le oui & le non)

Aussi vrai que Dieu est fidèle, notre parole pour vous n’est pas à la fois « oui » et « non ».

19 Car le Fils de Dieu, Jésus-Christ, que nous vous avons annoncé, Sylvain, Timothée et moi, n’a pas été « oui » et « non », mais purement oui en Christ. 20 Car voici toutes les promesses de Dieu en Christ : c’est un grand « oui ». Et c’est par lui que nous sommes « l’Amen à Dieu », pour sa gloire. 21 C’est Dieu qui nous rend fort en Christ avec vous, et c’est Dieu qui nous a donné l’onction sainte, 22 et c’est lui qui nous a marqués d’un signe et qui a commencé à mettre dans nos cœurs son Esprit.

Colossiens 3:13-17
(le merci & le pardon)

Supportez-vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi.

14 Mais par-dessus toutes ces choses revêtez-vous de l’amour, qui est le lien de la perfection. 15 Et que la paix de Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps, règne dans vos coeurs. Et soyez débordant de « mercis ».

16 Que la parole de Christ demeure en vous dans toute sa richesse; instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des chants, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs en vertu de la grâce. 17 Et quoi que vous fassiez, en parole ou en acte, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en remerciant par lui Dieu le Père.

Jean 10:7-9
(le bonjour & l’au revoir)

Jésus leur dit encore : « Amen, Amen, je vous dis que, moi, je suis la porte.

8 Bien des voleurs et des brigands sont venus mais les brebis ne les ont pas écoutés.

9 Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé, et il entrera et il sortira, et il trouvera de la bonne nourriture. »

 

Vidéo de la partie centrale du culte (prédication à 09:50)

(début de la prédication à 09:50)

film réalisé bénévolement par Soo-Hyun Pernot