Du Dieu de la guerre… au Dieu de la Paix !

Il n’est pas nouveau que des hommes se réclament de Dieu pour partir en guerre contre d’autres. Cela nous paraît maintenant insupportable. Cette évolution de nos mentalités est récente, elle nous donne à espérer des jours meilleurs, tant sur le plan politique que théologique. Mais il est décevant c’est que cela ait pris tant de générations depuis que les paroles des prophètes puis celles du Christ sont publiées.

Pourtant la Loi donnée à Moïse est claire : « Tu ne tueras pas ! » Il n’y a pas marqué de ne pas tuer l’innocent ou de ne pas tuer son prochain, de ne pas tuer son compatriote, ou de ne tuer qu’après un procès équitable… Ce qui est marqué c’est purement et simplement « Tu ne tueras pas ! » C’est la volonté de Dieu, et c’est aussi sa façon d’être car il est le Dieu de la vie et non celui de la mort.

Il est exact que la vie est complexe. Parfois nous sommes obligés de choisir entre deux solutions qui sont toutes les deux mauvaises afin de retenir celle qui est la moins mauvaise, comme dans les tragédies. Parfois, malheureusement, un homme, une femme, ou un gouvernement est amené à choisir de tuer ou de faire la guerre afin d’éviter des morts et des souffrances encore plus terribles. Mais que l’on ne dise pas alors que Dieu veut ces morts ou ces souffrances. Dieu ne veut pas et n’a jamais voulu que l’on donne la mort ou que l’on fasse souffrir. Car Dieu est le Dieu du bonheur et de la vie. Dieu est le Dieu de la paix.

La volonté de Dieu dans ce domaine, le Christ nous la précise encore quand il nous dit « Vous avez appris : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez les enfants de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. » (Évangile de Jésus-Christ selon Matthieu 5:43-45) Un degré supplémentaire est alors franchi. Non seulement Dieu ne veut pas la mort du méchant, mais il le bénit, il lui veut du bien ! Cette théologie et la morale qui en découle font encore largement scandale aujourd’hui. Car comment lutter contre le mal dans ces conditions ? Comment comprendre cette parole fondamentale du Christ ?

Dieu aime le méchant, mais il n’aime pas la méchanceté. Son projet est d’agir activement pour que le méchant soit débarrassé de sa méchanceté afin que ce qui est bon dans cet homme puisse s’épanouir enfin. Dieu veut que la paix règne ainsi dans le cœur de l’homme.

Chaque page de la Bible nous parle du Dieu de la Paix et de la vie, même les pages qui parlent de massacrer des ennemis. Car l’ennemi, c’est le mal, pas l’homme. Si Dieu est le Dieu de la guerre, son combat est contre la souffrance, contre la haine, l’égoïsme, ou l’indifférence. Et ses armes, c’est sa parole, sa paix, son espérance et sa bénédiction. Son arme c’est le Christ, le sauveur du monde.

Marc Pernot

Trois louanges à Dieu …

 

Méditation sur le Cantique des cantiques

Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui !
Il est mon Dieu et je suis son peuple,
Il est mon Père et je suis son enfant,
Il est mon berger et je suis son troupeau,
Il me chante et je le chante,
Il proclame mon unicité et je proclame la sienne.

(Midrash Rabba sur le Cantique des cantiques, rédigé vers la fin du IIIe siècle)

Prière d’un théoligien du IVe siècle

 

Ô Toi, l’au-delà de tout,

De quel nom pouvons-nous t’invoquer ?
Tu dépasses tout nom !

Quel cantique pourra chanter tes louanges,
quels mots pourront parler de toi ?

De toi procèdes tout ce qui est dit,
mais tu es au-delà de tout discours.

De toi est issu tout ce qui est pensé,
mais tu es au-delà de toute pensée.

Tu es le but de toutes les attentes,
de toutes les aspirations silencieuses.

Tu es l’objet des gémissements de ta création tout entière.

Gloire à toi, ô Dieu très-haut !

Grégoire de Nysse (335-394)

Avec le philosophe et théologien Kierkegaard

Toi qui nous as aimés le premier, ô Dieu,
nous parlons de toi comme si tu ne nous avais aimé le premier
qu’une seule fois, dans le passé.

En réalité, c’est tout au long des jours
et tout au long de la vie que tu nous aimes le premier.

Quand nous nous éveillons le matin
et que nous tournons notre âme vers toi,
tu nous devances, tu nous as aimés le premier.

Si je me lève avant l’aube et tourne, vers toi, à la même seconde,
mon âme et ma prière,
tu m’as déjà devancé,
tu m’as aimé le premier.

Quand je m’écarte des distractions,
et recueille mon âme pour penser à toi,
tu es encore le premier.

Pardonne-nous, ô Dieu, notre ingratitude :
ce n’est pas une fois que tu nous as aimés le premier :
c’est à chaque instant de notre vie.

Søren Kierkegaard (1813-1855)

Print Friendly, PDF & Email

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *