Comment jeûner ? Est-ce que ça peut favoriser une prière de demande ?

illustration - Pieter Aertsen "Jésus chez Marthe et Marie" 1553 (extrait)

Question d’un visiteur :

Bonjour,
Récemment converti, je souhaiterais pratiquer le jeûne mais me sens un peu démuni. On me parle de jeûner 40 jours, et quand je consulte des sites « protestants », les conseils vont d’un extrême à l’autre. Ma question porte à la fois sur les modalités (quelle durée, quel type de jeune, cela a-t-il des implications sur la vie de couple…) mais également sur les raisons (le jeûne peut-il s’inscrire dans le cadre d’une demande…) j’avoue que c’est assez flou pour moi et que je ne trouve pas de réponses claires et précises.

Merci beaucoup de bien vouloir m’éclairer.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir,
Cette diversité entre chrétiens est bénéfique. Car effectivement, il n’y a pas de règle, pas de « il faut ». Chaque personne à un moment donné de sa vie est un cas particulier.

En tout cas : bravo pour cette démarche, je suis persuadé que cela vous apportera énormément !

Il y a un principe qui me semble important en ce qui concerne la religion dans la bouche de Jésus : » la religion est faite pour l’homme, pas l’homme pour la religion » (Marc 2:27, il parle du Sabbat juif, mais cela vaut donc encore plus pour les autres actes religieux).
C’est à dire que nous pouvons, nous devons simplement chercher les actes religieux qui nous aident à avancer, qui nous rendent plus confiants dans l’amour de Dieu, plus épanoui, avec une espérance et un cœur plus vivants. La question n’est pas de faire plaisir à Dieu avec cela, il nous aime déjà de toute façon. Alors oui, cela « lui fait plaisir », si l’on peut s’exprimer ainsi, quand il voit un de ses enfants faire un effort pour progresser, mais il est content pour nous. L’amour n’est pas à acheter.

C’est pourquoi Jésus conseille de choisir et de vivre personnellement, dans le secret, nos exercices religieux, comme nous l’entendons (voir Matthieu 6). C’est le cas pour la pratique du culte, prendre un temps de retraite, lire la Bible, pratiquer l’aumône, ou jeûner. Faites quand et comment cela vous semble bien, selon ce qui vous fait du bien à vous, ce qui vous fait avancer.

Il y a quand même quelque chose d’important : c’est de penser àce que cela ne soit pas mauvais pour le corps. Car il est une part de nous-même, une bonne part, une bénédiction qui n’a pas à être sacrifiée sauf en cas de raison ultime, bien sûr (si en étant tué je pouvais avoir la garantie de la paix dans le monde pour 1000 ans, je pense que j’accepterais).

Donc non, la question n’est pas de jeûner pour que notre demande à Dieu soit mieux reçue. Ïe ne pense vraiment pas que ça marche comme ça. De toute façon, la bonne volonté de Dieu à notre égard est déjà sans faille.
Nous pouvons lui faire part de nos projets et de ce que nous espérons avec confiance. Mais personnellement, j’essaye de résister au désir de dire à Dieu ce que j’aimerais qu’il fasse. Je préfère qu’il fasse ce qu’il a en tête, et il est bon de rester ouvert à cette surprise inouïe qu’il nous réserve, plutôt que d’être fixé sur notre petite solution, risquant d’être déçu de ne pas être exaucé tout en laissant passer la solution de Dieu !

Avec mes amitiés fraternelles

pasteur Marc Pernot

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