Extraits de « Sur l’épaule de l’ange » d’Alexandre Romanès

 

Ce qui reste

Si nous sommes encore là
dans cent mil ans
et que nous ne savons plus rien
de Dieu, il y aura quand même
quelque part une femme
à genoux, les mains jointes,
qui dira : mon Dieu,
ne m’abandonne pas.

Ineffaçables, les paroles vraies
eteles mouvements du cœur vers l’autre.
Tout le reste n’est rien.
Qu’ils continuent le combat
sans moi !

 

Près de toi (le crucifié)

Souvent j’ai dit oui
quand il fallait dire non
et j’ai dit non
quand il fallait dire oui.
Je ne t’avais pas encore
rencontré.

Ils possèdent tout et ne pardonnent rien.
Toi, tes pieds et tes mains sont transpercés,
ton corps est en lambeaux
et tu pardonnes encore.
Entre le monde et toi, quel gouffre !

 

Le ciel

La voie royale c’est
regarder le ciel
et ne rien dire.

De toutes les créations humaines
rien n’est plus fort que
ce qui parle du ciel.

 

Sagesse

Quand j’étais plus jeune, je disais
je vais faire ça. Maintenant je dis
Je vais essayer de faire ça.

L’essentiel
peut se dire en quelques phrases
au-delà,
on bascule dans autre chose.

Editions Gallimard, 2010.
Préfacé par Christian Bobin

Print Friendly, PDF & Email

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *