Quelles différences entre protestantisme libéral et protestantisme réformé ?

illustration - Lune et les toits de l'Oratoire

Question d’un visiteur :

Bonjour,
Pourriez-vous m’indiquer les principales différences entre protestantisme libéral et protestantisme réformé (au moins dans un contexte francophone) ?
Bonne journée,
Constance

Réponse d’un pasteur :

Bonjour Constance

Bravo de vous intéresser ainsi à Dieu.

Dans toutes les religions, il existe différentes sensibilités, différentes façon de vivre le rapport à sa religion. Il y a des protestants réformés libéraux, il y a aussi des juifs libéraux…

L’Oratoire du Louvre est plutôt une paroisse libérale dans les protestantisme.

Mais tout dépend de ce que l’on entend par « libéral ». Car certains « libéraux » sont en réalité furieusement dogmatiques, attachés à une sorte de crédo « libéral » : ne pas croire à ceci, croire à cela. C’est bien leur droit.
Mais ce n’est pas la seule façon d’être « libéral ». À mon sens, être libéral veut dire privilégier la démarche personnelle en sincérité, la foi, la piété, la réflexion libre de chacun, et surtout la relation personnelle à Dieu. Cela implique le respect des autres (si ce n’est dans le respect de leurs opinions, pas toujours toutes respectables). Et cela implique de continuer à cheminer. C’est donc l’inverse d’un dogmatisme, celui des « évangéliques » comme celui de certains « libéraux ».

Personnellement, je veux bien me considérer comme « libéral » mais je me qualifierais plutôt de « progressiste », au sens où toute théologie est imparfaite et est appelée à progresser, au sens aussi où les questions qui se posent ne sont pas toujours les mêmes et la pensée doit donc toujours être repensée, reformulée. C’est d’ailleurs le propre de l’église « réformée » qui se définit elle-même depuis Calvin comme « toujours à réformer ».

Puisqu’il y a une telle liberté de pensée et de foi pour chacun, et donc une grande diversité, qu’est-ce qui fait alors l’unité dans l’église ? Le Christ (ou la conception de Dieu mise en valeur par Jésus), et une soif de chercher, de réfléchir, de s’engager personnellement.
S’il y a une telle fluidité de la pensée personnelle où est la sécurité, l’assurance ? Dans la seule confiance dans la grâce de Dieu. Et puis dans cette espérance que là où je suis dans l’erreur, n’étant pas cramponné vitalement à ma doctrine, je pourrai progresser, avec l’aide de Dieu, et un certain travail le plus honnête et sérieux possible.

Pour aller plus loin en ce qui concerne cette question : http://blog.oratoiredulouvre.fr/2015/04/choisir-sa-religion-et-son-rapport-avec-sa-religion/

Bien fraternellement

pasteur Marc Pernot

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2 commentaires à “Quelles différences entre protestantisme libéral et protestantisme réformé ?”

  1. Bonjour,

    Je lisais ce matin sur la page Facebook “Regards Protestants” l’article « Quelles différences entre protestantisme libéral et protestantisme réformé ? »,
    question posée par un visiteur à laquelle vous (ou l’un de vos confrères ?) avez tenté de répondre.
    Lien de l’article : https://regardsprotestants.com/bible-theologie/quelles-differences-entre-protestantisme-liberal-et-protestantisme-reforme/

    « Mais tout dépend de ce que l’on entend par « libéral ». Car certains « libéraux » sont en réalité furieusement dogmatiques, attachés à une sorte
    de crédo « libéral » : ne pas croire à ceci, croire à cela. [C’est bien leur droit]. »

    Vous poursuivez ensuite, je vous cite : « Mais ce n’est pas la seule façon d’être « libéral ». À mon sens, être libéral veut dire privilégier la démarche
    personnelle en sincérité, la foi, la piété, la réflexion libre de chacun, et surtout la relation personnelle à Dieu. Cela implique le respect des autres
    (si ce n’est dans le respect de leurs opinions, pas toujours toutes respectables). Et cela implique de continuer à cheminer. [C’est donc l’inverse d’un
    dogmatisme, celui des « évangéliques »] comme celui de [certains] « libéraux ».

    S’il est vrai que certains libéraux peuvent être furieusement (c’est tellement vrai !) dogmatiques, pourquoi avoir attribué un dogmatisme à certains
    libéraux et pas à certains évangéliques ? Pensez-vous sérieusement que tous les évangéliques ne privilégient pas la démarche personnelle en sincérité
    de foi, la foi, la piété, la réflexion libre de chacun et la relation personnelle à Dieu ? C’est bien leur droit, non ?

    N’est-ce pas oublier que les évangéliques sont eux aussi – dans leurs doctrines fondamentales – attachés comme Calvin à cette idée que leur église
    doit « toujours se réformer », à cette seule différence : à la lumière et en obéissance à la Parole de Dieu.. ? N’ont-ils pas, comme l’a suggéré Calvin,
    réactualisé à merveille ce principe d’une Église toujours à réformer ? À moins qu’un des principes sine qua non « Sola Scriptura » pour se réclamer
    de la Réforme protestante soit devenu trop « dogmatique », voire caduque ?

    Qu’il y ait des évangéliques très dogmatiques, personne ne le nie (encore qu’il faille nuancer et savoir ce que l’on entend par « dogmatique »),
    mais je doute personnellement que la grande famille évangélique (branche majoritaire du protestantisme mondial actuel, rappelons-le) ne compte
    en son sein que des millions et des millions d’individus privés de raison, comme certains libéraux voudraient nous le faire croire. Je précise : certains…

    Salutations fraternelles,

    1. Cher Collègue
      Merci pour ce témoignage.
      Je ne pensais vraiment pas agresser les églises « évangéliques » dans cet article, franchement, mais plutôt exhorter ceux qui se considère comme supérieurs aux autres parce que, eux, seraient éclairés en étant libéraux.
      Mais bon. Vous en connaissez beaucoup des facs de théo « évangéliques » qui ne brandissent pas « l’inerrance des écritures » ? Même Vaux sur Seine.
      Il suffit de voir http://flte.fr/accueil/la-flte/textes-de-reference/profession-de-foi-et-declarations/
      Est-ce qu’une personne niant que Jésus est Dieu sera reçue au baptême ? Comme membre d’église, ou dans le cercle des dirigeants d’une église évangélique ? Une personne divorcée ? un homosexuel en couple et heureux de l’être ?
      Je ne veux pas critiquer, bien sûr, et comme je le dis dans cet article, on a bien le droit de choisir de monter un club de personnes avec un socle commun de convictions et de foi. Il y a d’autres modèles, c’est vrai, mais celui-là n’est pas critiquable.
      Amitiés fraternelles
      Et en communion de foi en Christ.
      Marc

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