signature marcpernot.net

Liste des articles

Choisir sa religion… et son rapport avec sa religion

 

Dans le choix d’une religion, il me semble qu’il y a, en réalité, un double choix à faire :

  • Le choix d’une religion, et d’une confession à l’intérieur de cette religion concerne une conception de Dieu (théologie), de l’humain (anthropologie), ce que l’on peut attendre de Dieu (comment est-on sauvé et de quoi), une éthique… mais aussi une culture (rites, peut-être des lieux, temps…)
  • Le choix du rapport que l’on entretien avec sa religion, la sacralisant plus ou moins.

En effet, dans tous les courants de pensée et religions, il y a tout un éventail de rapports que la personne peut avoir avec sa religion ou son courant de pensée.

Il y a, schématiquement :

  • des intégristes (tout ce qui est en dehors de mon courant est diabolique et doit être combattu),
  • des traditionalistes (très attachés à bien tout respecter à la lettre, sinon tout est perdu),
  • des classiques (rentrent dans le moule sans chercher à personnaliser sa foi),
  • des progressistes (la religion est un moyen à perfectionner sans cesse, afin d’aider au développement de chaque personne)
  • des libéraux extrêmes (prêts à mélanger éventuellement tous les courants),
  • sans compter les je-m’en-foutistes (qui ont plus ou moins une certaine croyance, mais qui ne change concrètement rien du tout à leur façon d’être),

Ces façons de vivre sa foi existent aussi dans le catholicisme, l’orthodoxie, le judaïsme, l’islam & autres courants de pensée… Ce n’est pas nécessairement la forme du culte qui révèle le rapport qui est entretenu avec sa religion. Car il est fréquent d’avoir une forme de culte moderniste et un fond réactionnaire (comme dans certaines églises « évangéliques »), ou, à l’inverse, il est possible d’avoir une forme traditionnelle et un fond progressiste (comme à l’Oratoire, ou avec mes juifs Massorti).

On pourrait donc faire une matrice avec en colonnes les religions et confessions, et en lignes les types de rapports que chacun entretient avec sa religion. Est-ce que je choisis d’être (désolé pour les colonnes qui manquent, c’est juste pour l’idée générale) :

\ Religion \ Rapport \ avec ma R. \
Chrétien
Juif
Musulman
Humaniste ...
catholique
protestant
évangélique
sépharade
ashkénase.
sunnite
chiiite
écolo
libéral
...
intégriste
tradi
main stream
progressiste
syncrétistes

Plus on est dans le haut du tableau :

  • Plus un ensemble de croyances et de règles morales sont sacralisées et unit les membres.
  • Plus les relations avec les autres colonnes sont impossibles et les lignes en dessous difficiles (bien que conjoncturellement, des traditionnalistes de tout poil peuvent se retrouver côte à côte dans un même combat pour défendre par exemple la criminalisation de l’avortement, du blasphème…)
  • Plus la part collective de la religion est importante (en volume et en valeur) par rapport à la pratique personnelle.
  • Plus la pratique religieuse est structurante, portante. Plus le groupe est soudé et solidaire.

Plus on est dans le bas du tableau :

  • Plus la démarche personnelle est valorisée, c’est le fait même de chercher qui unit les membres.
  • Plus les croyances sont déterminée individuellement, et le pluralisme valorisé comme une richesse.
  • Plus sont recherchées les relations avec les personnes d’autres colonnes dans une ligne proche, par contre, les relations avec les lignes plus hautes sont difficiles, avec même un certain mépris.
  • Plus la pratique collective est au service de la pratique personnelle (lecture et interprétation des textes, réflexion, prière, ressourcements hors de son groupe…)
  • La pratique religieuse est plus épanouissante que structurante, apportant une remise en question.

La conception de ce qui nous unit est différente selon les lignes :

illustration - union par la frontière illustration - eglise progressiste illustration - l'union n'est pas le problème

Haut du tableau ce qui unit : une frontière (un ensemble de doctrines, de règles morales) -> une église de purs, structurante. Il y a une liberté tant que l’on reste à l’intérieur. Ceux qui sont à l’extérieur de la frontière sont considérés comme perdus (intégristes) ou peu fréquentables (traditionalistes)

Milieu de tableau ce qui unit : un centre (une église engagée, progressiste, épanouissante). Une importance déterminante est accordée au Christ par les membres, ce qui n’empêche pas chacun de s’intéresser aussi à d’autres sources (science, histoire, philosophie, psychanalyse, religions...) Bas du tableau peu importe : relativisme, syncrétisme (créativité personnelle)

Marc Pernot

 

 

Il y a, à mon avis, 2 voire 3 sortes de christianisme libéral, reprenant un peu ces trois conceptions :

  1. Le libéralisme "dogmatique", qui s'exprime souvent à travers une série de refus du genre "ne pas croire au miracles", "ne pas croire à la divinité du Christ", "ne pas croire à la vie après la mort"... voire ne pas croire à l'existence d'une transcendance.
  2. Le libéralisme "mystique", ou "apophatique", dans la tradition des mystiques comme maître Eckhardt ou l'auteur du "nuage de l'inconnaissance". Le croyant s'intéresse à la théologie, mais en sachant pertinemment que ce sont des modèles cherchant à rendre compte imparfaitement de l'expérience que l'on peut avoir d'un Dieu qui est au-delà de tout langage.
  3. Le libéralisme "rationaliste", qui accepte d'utiliser le langage théologique traditionnel mais pour qui "Dieu" sont quelque chose comme un idéal absolu, ou la qualité de l'instant, ou le bourgeonnement de l'arbre au printemps

Perso, j'appartiens à la première sorte de libéraux, la position qui me semble (pour moi, mais sans jugement pour un autre), la position la plus intelligente compte tenu de ce qu'est l'homme et l'univers, la position la plus ouverte au dialogue avec les autres croyants et non croyants respectueux. La position rendant le mieux compte de ce dont témoigne la Bible.

 

 

Arbre de quelques branches du christianisme

arbre des églises

Structure de l’institution

structure des églises

pasteur Marc Pernot